Reprendre le contrôle sur sa vie malgré l’anxiété

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Les portes du Carrefour jeunesse-emploi (CJE) de L’Assomption se sont ouvertes à Donald Arseneault alors qu’il était à l’école secondaire. À ce moment, l’organisme réunissait des intervenants en milieu scolaire. Le jeune homme âgé de 15 ans à l’époque participait aux ateliers d’aide aux devoirs. Évoluant dans un contexte familial difficile, l’adolescent aux prises avec des problèmes d’anxiété et d’hyperactivité voyait dans ces activités parascolaires une sorte d’échappatoire.

Plusieurs années se sont écoulées avant que l’adolescent ne prenne conscience de tous les bienfaits que le CJE avait à lui apporter. «Je savais qu’il y aurait toujours quelqu’un qui serait là pour m’écouter quand j’en aurais besoin. C’est ce qui m’a accroché au CJE», témoigne le jeune homme. Son intervenante, Marie-Ève Lapointe, l’a suivi et épaulé dans son cheminement. «On avance, puis on recule au rythme de chacun, mais jamais on ne les lâche. C’est eux qui finissent par nous lâcher quand ils commencent à nous trouver fatigants», s’esclaffe-t-elle.
Il y a quelques années, arrivé au bout d’un parcours sinueux mélangeant drogues et troubles de santé mentale, Donald en a eu assez et a choisi de mettre son pied à terre pour reprendre le contrôle sur sa vie. «J’ai toujours été anxieux, mais je devenais de plus en plus sensible, sur mes gardes et impulsif», confie le jeune homme.
Il s’en est alors remis au système de santé, se présentant lui-même aux urgences psychiatriques pour être hospitalisé. Cette dure épreuve lui a permis de recouvrer ses esprits, de subir une cure de désintoxication et d’apprivoiser la médication pour l’aider à sortir du gouffre dans lequel il s’enfonçait. «Ça été une décision difficile. Dans la salle d’attente, j’appelais Marie-Ève toutes les heures. J’ai eu envie d’abandonner et de partir à plusieurs reprises jusqu’à ma prise en charge. Heureusement, je ne l’ai pas fait», poursuit celui qui tient mordicus à poser un regard positif sur le chemin parcouru.
Durant toutes ces années, l’équipe du CJE de L’Assomption est restée disponible pour le jeune homme. «Je suis allé et venu en sachant toujours que je ne serais pas jugé et que je serais toujours le bienvenu», souligne Donald Arseneault.

Apprivoiser son potentiel

 

Reprendre le contrôle sur sa vie malgré l'anxiété
L’intervenante Marie-Ève Lapointe est très fière de son protégé.
Photo Hebdo Rive Nord – Marie-Christine Gaudreau

Au terme de ses soins médicaux, le jeune Repentignois a souhaité faire un pas de plus et entreprendre des démarches d’orientation. Celui qui a connu un parcours scolaire difficile s’est fait annoncer par une conseillère du CJE, à son grand étonnement, qu’il avait un énorme potentiel académique. «Ses tests ont démontré qu’il avait une intelligence au-dessus de la moyenne», explique son intervenante. «Son expérience scolaire plutôt négative lui avait laissé croire qu’il n’était pas bon et qu’il ne serait capable de rien en terme d’étude», ajoute-t-elle.

Donald Arseneault a entrepris un DEP en électromécanique à Laval qu’il a réussis avec brio. «Sur le plan psychologique, cette étape représentait un grand défi pour Donald», mentionne Marie-Ève Lapointe qui n’a jamais douté des capacités de son protégé.

Donald intègre le marché du travail et s’aperçoit vite que le type d’emploi ne lui convient pas. «Ça été un coup dur. Pendant plusieurs mois, je ne voulais plus travailler du tout, c’était un échec», raconte M. Arseneault.

Encore une fois, l’appui du CJE l’a aidé à remonter la pente. «Je me suis finalement décidé à trouver un nouvel emploi. Je suis commis de nuit dans un dépanneur et, surprise, j’adore ça», confie-t-il. Le jeune homme n’a pas de plan fixe pour l’avenir, mais sa situation lui convient parfaitement pour le moment. «Je sais maintenant que je peux tout faire, c’est mon nouveau problème», rigole-t-il.

Aujourd’hui âgé de 25 ans, Donald Arseneault a fait un grand bout de chemin durant les dix dernières années. Ce dernier considère que l’aide du CJE de l’Assomption et le soutient de sa copine lui ont été très précieux tout au long de ce processus très ardu par moment.

Bien plus qu’une agence de placement

«La plupart des gens s’imaginent à tort que le CJE n’est qu’une agence d’orientation scolaire et de placement. Nos services sont pourtant beaucoup plus larges», souligne Marie-Ève Lapointe. La Carrefour jeunesse-emploi travaille en parallèle les enjeux personnels qui empêchent à la motivation. «Ce qu’il faut retenir, c’est que nous sommes une ressource immédiate pour les jeunes en difficulté, peu importe l’étape à laquelle ils sont rendus. On s’adapte. En tout temps, il y a une intervenante à l’accueil qui peut prendre le temps de jaser avec les jeunes qui débarquent dans nos bureaux. Quand ils repartent, ils ont déjà pu décharger la tension et ils ont un rendez-vous quelques jours plus tard. Ils savent qu’ils sont pris en charge et qu’ils ne seront plus seuls avec leurs soucis.»

En 2017, le CJE L’Assomption a accordé des services à 528 jeunes âgés entre 16 et 35 ans. Grâce à ces services et au soutien de l’organisme, 244 jeunes ont intégré et maintenu un emploi, tandis que 77 autres ont intégré et maintenu une formation.  Plus qu’une aide à l’orientation, le CJE soutient et contribue à la mise en place de projets spéciaux pensés par des jeunes dans la communauté. L’an dernier, 1520 jeunes ont pris part à ces initiatives.